Les thèses de doctorat françaises sont désormais dotées d’un DOI

Confié à l’Abes par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le projet d’attribution de DOI aux thèses de doctorat françaises s’inscrit dans la stratégie nationale de science ouverte et de valorisation de la production scientifique, en garantissant une mise en œuvre pérenne, automatisée et conforme aux standards internationaux.

Visuel DOI theses.frDes enjeux d’ouverture et de visibilité à l’échelle internationale 

Depuis 1985, chaque thèse de doctorat soutenue en France se voit attribuer un Numéro National de Thèse (NNT). Cet identifiant pérenne, gratuit et univoque constitue le socle de l’identification des thèses dans les dispositifs nationaux opérés par l’Abes, notamment au sein du Sudoc et du portail theses.fr. 

Cependant, dans un contexte de science ouverte et de circulation internationale accrue de l’information scientifique, le NNT — bien qu’essentiel au niveau national — ne couvre pas, à lui seul, l’ensemble des besoins actuels en matière d’interopérabilité, de visibilité et de citabilité à l’échelle internationale. 

Les établissements habilités à délivrer le doctorat ont ainsi exprimé de manière croissante le besoin de doter les thèses d’un identifiant reconnu par les infrastructures internationales de la communication scientifique. 

Un dispositif national confié à l’Abes 

Prenant en compte ces enjeux, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a confié à l’Abes la mise en œuvre d’un dispositif national d’attribution de DOI (Digital Object Identifier) aux thèses de doctorat françaises, en s’appuyant sur l’infrastructure de l’agence Crossref. 

L’attribution des DOI est intégrée de manière automatisée dans les applications nationales de gestion des thèses, en particulier STAR, et repose sur des standards techniques internationaux éprouvés. Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie de l’Abes en matière de qualité et de valorisation des métadonnées, telle que définie dans son projet d’établissement 2024-2028. 

Une mise en œuvre agile et collaborative 

Pour la mise en œuvre de ce chantier, une équipe ad hoc a été constituée, mobilisant la maîtrise et le savoir-faire acquis au fil des années dans le cadre de projets menés selon la méthodologie Scrum. 

Cette équipe pluridisciplinaire, réunissant des agents disposant de compétences en développement, en bibliothéconomie et en gestion de projet, a travaillé sous la coordination d’un Project Management Officer, d’un Product Owner et d’un Scrum Master. 

À l’issue de quatre sprints, le mécanisme d’attribution des DOI à environ 150 000 thèses a été déployé dans l’application STAR : seules les thèses soutenues au format électronique sont concernées par ces attributions rétrospectives. Pour le flux courant, le DOI est attribué au moment de la validation dans STAR. Pour le rétrospectif, l’Abes a déjà attribué des DOI à l’ensemble des thèses, désormais visibles dans theses.fr. 

Focus sur les DOI 

Un DOI est une chaîne de caractères, visuellement proche d’une URL, permettant d’identifier de manière univoque un objet numérique et de lui associer un ensemble structuré de métadonnées (auteur, date de soutenance, établissement, etc.). 

Face aux changements fréquents d’URL, l’utilisation des DOI s’est progressivement imposée comme un standard international pour l’identification, l’accès et la citation des publications scientifiques (articles, jeux de données, rapports, etc.). 

Appliqué aux thèses de doctorat, le DOI garantit une identification durable et référençable de la ressource, facilite sa citation et sa réutilisation, et permet son intégration dans les écosystèmes numériques internationaux de la science ouverte, notamment dans des services de citation tels qu’OpenCitations. 

Un DOI « canonique » qui couvre l’ensemble des formes de la thèse 

Consciente de l’existence de démarches similaires engagées par certains établissements, ainsi que d’initiatives individuelles portées par des docteurs, l’Abes précise que le DOI qu’elle attribue s’inscrit dans le cadre du signalement national des thèses, et du dépôt électronique obligatoire en vue de leur archivage pérenne au CINES.  

Ce DOI affiché dans thèses.fr englobe l’ensemble des versions ou manifestations possibles de l’œuvre de l’esprit qu’est la thèse : version de soutenance, versions diffusées, versions des différents dépôts dans des entrepôts d’établissements ou sur HAL, et versions éditées. 

D’autres DOI peuvent exister pour des versions diffusées par les établissements ou pour des versions éventuellement remaniées a posteriori par les docteurs, par exemple dans HAL Thèses. Tous ces autres DOI doivent définir une relation de dépendance au DOI principal attribué par le processus réglementaire de signalement des thèses soutenues, de type IsVersionOf ou IsManifestationOf.  

Un mécanisme d’enrichissement des métadonnées des DOI du CCSD, organisme opérateur de HAL Thèses, est prévu afin de d’assurer le lien entre une version remaniée par l’auteur et la thèse officielle archivée par l’Abes.  

Seules les institutions qui ont attribué les autres DOI peuvent déclarer cette dépendance. Afin d’accompagner les membres du réseau de signalement des thèses, l’Abes a enrichi ses manuels notamment sur la manière d’articuler les DOI existants.  

Bénéfices pour les établissements et les docteurs 

L’attribution des DOI aux thèses françaises offre plusieurs avantages concrets : 

  • Pour les doctorants : une visibilité internationale accrue, une citation simplifiée et la garantie que leur travail reste accessible et identifiable durablement. 
  • Pour les établissements : une meilleure valorisation de leurs productions scientifiques et un suivi facilité des thèses soutenues grâce à des métadonnées fiables et interopérables. 
  • Pour le réseau Sudoc / theses.fr : une intégration harmonisée des thèses dans les écosystèmes numériques, facilitant la découverte, la réutilisation et la circulation des connaissances au niveau national et international. 

Ce dispositif marque une étape importante dans la modernisation et l’ouverture des thèses françaises, tout en s’inscrivant dans la stratégie nationale de science ouverte et de pérennité des données scientifiques. 

 

 

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